mercredi 25 septembre 2013

« Sans projet pour la Région Île-de-France, l’UMP sombre dans la démagogie »

Communiqué du groupe socialiste et républicain au Conseil régional d'Île-de-France

Alors que la séance plénière du Conseil régional d’Île-de-France des 26 et 27 septembre sera marquée par les questions d’emploi et d’éducation, le groupe UMP, visiblement obnubilé par les échéances électorales à venir, essaye sans succès de nationaliser le débat sur les questions de sécurité et de dépenses publiques. Dernière manifestation de cette stratégie, la droite demande à la Région de financer l’équipement en vidéosurveillance des petits commerces et épiceries franciliennes. Une proposition aussi inefficace que populiste dénoncée par le élus socialistes et républicains. En pleine crise identitaire, la fillonisation des esprits fait tâche d’huile à droite.

A travers ce projet de dispositif, le groupe UMP a annoncé vouloir « faire de la sécurité un sujet régional ». Ce réveil est bien tardif : depuis son arrivée à la tête de la Région en 1998, la gauche s'est engagée sur la sécurité, notamment pour pallier les défaillances des gouvernements de droite successifs. 500M€ ont ainsi été consacrés à la sécurisation des transports et des lycées pour financer équipements de vidéosurveillance ET présence humaine. Par ailleurs, la Région Île-de-France est la seule Région à financer l’implantation de commissariats sur son territoire. Une mesure prise pour défendre l’égalité d’accès au service public de la sécurité menacée par la diminution d’effectifs de police décidée par le gouvernement Sarkozy (10 000 policiers en moins entre 2007 et 2012).

Pour Guillaume Balas « Alors que la droite avait l'occasion de faire enfin des propositions constructives, elle nous offre un cas d’école hérité de la méthode Sarkozy : à chaque fait divers sa loi, à chaque émotion son plan de communication. La méthode et les thèmes de prédilection restent les mêmes. Mais le rapport de force entre l’UMP et son voisin droitier a changé. Le ton aussi : Sarkozy était populiste ; sous pression, ses héritiers se révèlent poujadistes. »

Et le président du groupe socialiste et républicain d’ajouter : « La vraie question est : est ce que ce projet de l’UMP peut changer le quotidien des Franciliens ? La réponse est non. L’enveloppe proposée permettrait à peine de financer l’achat, l’installation et l’entretien de 200 caméras pour toute l’Île-de-France. Quand bien même chaque commerce serait équipé, l’effet dissuasif des caméras est contestable. L’affaire du bijoutier de Nice, ville de France qui compte le plus de caméras de vidéosurveillance par km2, en est l’illustration tragique. Nous sommes dans l’affichage le plus complet, l’art maitrisé de l’effet d’annonce inopérant. L’image de l’action plutôt que l’action elle-même, peu importe la crédibilité des propositions. La vérité, c’est que la droite ne sait proposer qu’une chose: plus de caméras et moins de policiers. »

Guillaume Balas, président du groupe socialiste et républicain au Conseil régional d'Île-de-France